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Visite des MARPA d'Aurignac et St Plancard.

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Visite Mme B. Cravero, DGS de la Mairie, et d'élus aux MARPAS d'Aurignac et St Plancard en Haute-Garonne.

L'objet de la visite est d'obtenir un aperçu des expériences acquises par deux foyers d'hébergement de personnes âgées. Ce sont des structures de taille raisonnable (environ 20 appartements) en milieu rural. Nous recherchons, au-delà de cette démarche, des conditions similaires à celles que nous rencontrons à Cauterets: unicité de ce type d'établissement au plan local, relatif éloignement du monde hospitalier et présence affirmée d'un tissu d'assistance à domicile (ADMR et Pyrène).

Certaines différences nous sont apparues pourtant bien réelles:

  • Ces deux structures émanent des mutualités agricoles, suivant leurs préconisations. Ceci témoigne d'un milieu social différent du nôtre.
  • La zone d'attractivité de ces établissements est géographiquement vaste, comparée à celle qu'aurait une telle structure à Cauterets, où seule notre ville ne saurait être concernée. Par contre, peut-être pouvons-nous postuler que cette démarche concernerait nombre de résidents secondaires.
Les deux maisons ont été crées à l'issue d'une longue démarche (environ 3 années), en 1997, selon les préconisations et agréements de la M.S.A. (Mutualité Sociale Agricole).
L'objectif initial du projet consistait à créer un lieu de résidence pour personnes âgées valides et autonomes, lorsqu'elles en éprouvent le besoin et en fonction des disponibilités du centre.
Les bâtiments sont de plain-pied, abritent des lieux communs de vie (salle de lecture, salle de séjour, ...), des services communs (buanderie commune, séchoir, jardins potagers ...) et des appartements du T1 au T2. Le confort et l'esthétique sont soignés.

Ces deux établisements sont gérés par une association de loi 1901, aux conseils d'administration (trop?) nombreux.
Le personnel est composé d'une dizaine de personnes dans chaque centre (10 personnes à Aurignac et 7 personnes 1/2 à St Plancard, en équivalent temps-plein). Chacun est doté d'une directrice jeune et extrêmement volontaire.

Le mode de fonctionnement des deux établissements est très ouvert, laissant toute liberté aux bénéficiaires d'aller et venir à leur guise, tant en journée qu'en mode de séjour. Ceux-ci ne se trouvent pas en maison de retraite, mais bien locataires d'un appartement. Chacun apporte son mobilier. La surface semble suffisante, quoique que certains d'entre nous aient été surpris...
Les mensualités de séjour pratiquées, tout compris, sont de l'ordre de 1100 à 1200 € par mois. (400 € de loyer, 450 € de charges et  les repas).

Ces structures utilisent beaucoup avec les services sociaux locaux (CIAD, ADMR, ...), les services médicaux locaux (infirmières libérales, médecins et pharmaciens) tant en ce qui concerne l'aide aux personnes que les soins médicaux. Aucun service médical n'est fourni par le personnel, hormis la garde et distribution de médication.

Il s'est rapidement avéré que le positionnement initial des projets était erroné. La population concernée est composée en majorité de femmes (2/3), agée (de 72 à 99 ans, avec une moyenne autour de 80 ans), et préalablement victime d'un accident de la vie (maladie, décès du conjoint, isolement accentué, angoisse...).
Si la validition des candidats constitue toujours prérequis obligatoire, celle-ci s'avère très souvent provisoire. En effet, que les maladies aient été dissimulées lors de l'admission des personnes, ou que les accidents précédemment subis entrainent d'autres effets, et rapidement des conséquences directes sur la dépendance des locataires se font jour.
Il est également certain que ces personnes ont choisi cette voie pour rester le plus longtemps et le plus près possible de leur proches. La dépendance ne les rend pas plus mobiles, bien au contraire. Les proches ne sont pas prêts à envisager un déplacement vers une structure plus appropriée, et les personnes concernées vivraient sans aucun doute très mal un nouveau déracinement. (peur de ne plus revenir, conscience de franchir une étape supplémentaire vers l'inexorable fin, crainte de rester seules en milieu hospitalier....).
Il semble donc que la tendance soit de maintenir en MARPA les locataires le plus longtemps possible, et ce, même si l'actuelle structure d'accueil n'est pas appropriée ( exemple de patients atteints de maladie d'Alzheimer, de Cancer ....).
Les structures ne sont pas conçues pour ce style d'hébergement, mais essayent de s'y adapter du mieux possible (préparation des médications sous blister par le pharmacien, surveillances rapprochées de certains malades et à toute heure ....). Mais l'addition est lourde, notamment pour le personnel, dont la disponibilité et les efforts ne sont vraiment pas ménagés.

Les dérives de la cohabitation des bien-portants et dépendants existent cependant bien:
  • Aucun disponibilité de logement à court terme. L'établissement est constamment surchargé.
  • L'activité même de ce centre et l'enthousiasme des plus valides se trouvent affectés de la présence de plus en plus importante de personnes très dépendantes. (démence, sénilité, ....)
  • Les charges de fonctionnement risquent de s'en trouver accrues.
  • L'établissement n'est pas adapté de par sa structure et sa finalité à de tel locataires. Des risques importants existent, au regard des risques engendrés et donc de la responsabilité de l'établissement. Cependant, à ce jour seul 1 ou 2 cas de replacement en structure adaptée sont signalés.
Created by Michel
Last modified 28-10-2006 17:26
 

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